de l'ermitage à la chapelle

 

L'appellation «Schowenberg» apparaît pour la première fois dans le «Liber vitae» de la paroisse de
Rouffach, rédigé avant 1334 :

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Une première trace d'une présence religieuse sous la forme d'une chapelle dédiée à la Vierge Marie se trouve dans les archives de l'évêché de Bâle en 1441.

L'histoire rapporte qu'en 1446, la Landgräfin de Hesse (Allemagne), atteinte d'un mal incurable aurait demandé à l'un de ses serviteurs d'aller dans un endroit appelé Schauenberg, d'y déposer la statue de la Vierge, qu'elle avait dans sa chambre et d'y prier pour sa guérison.

Au Schauenberg, où vivait l'ermite Uldaric, le serviteur déposa la statue sur l'autel de la petite chapelle et pria.

Au moment de repartir, impossible de reprendre la statue, collée, semblait-il sur l'autel.

à gauche : vitrail de la chapelle évoquant le venue du serviteur à l'ermitageà droite : image trouvée dans un bréviaire du 15è siècle

 

Les Pfaffenheimois auraient vu là un signe : en cet endroit, il fallait honorer la Vierge Marie.                                                                      Telle serait l'origine du Pèlerinage Notre Dame du Schauenberg.

En 1483, la Paroisse de Pfaffenheim demande à l'évêque de Bâle de donner le statut de chapellénie au Pèlerinage.

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Vers 1515, une chapelle plus grande est construite. C'est ici que se situe une légende. Le Diable aurait tenté de la détruire en jetant des gros blocs de pierre de l'endroit situé au-dessus de la chapelle, appelé "les Duides"; Dans leur chute, les pierres seraient devenues molles et n'auraient pas causé de dégâts.

à gauche : la Pierre du Diable, dans la montée SUD

ci-dessous : inscription sur l'un des piliers de la chapelle primitive    

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Au début du 17è siècle, la chapelle , orientée vers l'EST, est de nouveau agrandie. L'actuelle chapelle latérale, qui abfite le retable de Saur, en est la trace (inscription 1606 sur l'un des piliers extérieurs)

 

 

UNE DEUXIEME LEGENDE

Un autre épisode nous est également rapporté par les Franciscains et qui se situe en 1446 : un envoyé de la Landgräfin de Hesse vient au Schauenberg pour y prier et demander la guérison de la Princesse qui souffre d'un mal incurable.

Il s'agit de Anne Marguerite de Saxe, épouse de Louis 1er, dit le Pacifique.

Le messager dépose sur le petit autel une statue de la Vierge Marie, que lui a confié la Princesse malade.

Au moment de quitter l'ermitage, il veut reprendre la statue.

Il ne peut. La statue reste collée sur la table de l'autel....

L'ermite Uldaric et le messager voient un signe de la volonté divine : la Vierge Marie sera vénérée en cet endroit...

Par la suite, les habitants de la contrée apprennent que la Princesse Anne est guérie. Il est certain, alors, que cet événement prend un caractère "miraculeux" et attire les populations des paroisses environnantes à monter au Schauenberg pour y prier la Vierge Marie.

UNE TROISIEME LEGENDE

Certains anciens de Pfaffenheim et des villages environnants pensent encore à un autre épisode. Un membre de la noblesse sundgauvienne, parti en Terre Sainte lors d'une croisade, se serait trouvé un jour, lors d'un combat pour défendre les lieux saints à Jerusalem, très gravement blessé. Il aurait alors fait le serment que s'il rentrait sain et sauf dans son Alsace natale, il élèverait une chapelle en l'honneur de la Vierge Marie. Ce même chevalier, revenu en Alsace, alors qu'il cheminait entre Gueberschwihr et Pfaffenheim, aurait entendu une voix lui demandant de construire, à cet endroit,  une chapelle dans laquelle on prierait la Vierge Marie.

LA RECONNAISSANCE OFFICIELLE       

La fréquentation de la chapelle doit ensuite devenir plus importante puisque les responsables de Pfaffenheim se préoccupent en 1483 de "régulariser" la situation. Ils envoient alors une demande à l'évêque de Bâle pour obtenir le statut officiel de chapelle. L'évêque Gaspard zu Rhein, bien sur, accueille favorablement la demande.

w-docu-1483-partiel.jpgLe texte est rédigé en vieil allemand, sur un parchemin auquel est attaché un sceau. Il est conservé aux Archives Départementales du Haut-Rihn à Colmar. Le visiteur ou pèlerin peut en voir une reproduction photographique accrochée au mur de l'actuelle salle des pèlerins. C'est le premier écrit que l'on possède et qui nous renseigne sur l'organisation des messes et des offices au Schauenberg.  Deux fois par semaine, le Saint Sacrifice doit y être célébré par le chapelain et aux fêtes de la Vierge, il y chante une grande-messe.

Ci-dessous : l'entête de la demande adressée à l'évêque de Bâle Gaspard zu Rhein.

w-docu-1483-partiel-1.jpg                                                                                                                                           

Les signataires sont:     Jean Ehrardt de Reinach, chevalier patron (droit de collature), Jean Rodolphe de Reinach, curé de la paroisse, Jean Ulrich, Prévôt, et les jurés du village.

Gaspard zu Rhein donne sa réponse, écrite en sa résidence le château de Délémont, le jeudi après la fête des apôtres Simon et Jude, en l'année 1483.

Le, curé Kueny de Pfaffenheim a confié, en 1982, à l'auteur du présent site, les deux documents (la lettre et la réponse de l'évêque de Bâle).

On peut se demander, comment la lettre adressée à l'évêque de Bâle, a-t-elle pu être retrouvée dans les combles du presbytère de Pfaffenheim. Dans un autre chapitre, on mentionnera le procès que la commune de Pfaffenheim avait intenté aux Pères Franciscains, qui s'occuperont du pèlerinage au 18è siècle. Malgré plusieurs renvois, ce sera le Conseil Souverain d'Alsace qui aura la charge de juger, mais la Révolution de 1789 mettra fin à toute la procédure.

Dans la tourment qui a suivi la période révolutionnaire, l'appareil judiciaire colmarien, de même que l'administration cléricale locale, ont du être perturbés, et le Greffe du Tribunal de, Colmar n'a pas rendu le document à son propriétaire destinataire légitime, à savoir l'évêque de Bâle.

C'est ainsi que la demande et la réponse ont abouti au presbytère de Pfaffenheim. Elles y ont été conservées jusqu'en février 1982, où elles furent "redécouvertes" par le curé Kueny. Avec d'autres documents de l'époque, elles constituèrent les éléments de base de la commémoration du cinq centenaire de la reconnaissance officielle du lieu comme sanctuaire avec le statut de chapellenie.

UNE NOUVELLE CHAPELLE

En 1515, la petite chapelle ne suffit plus pour accueillir les pèlerins et une nouvelle construction est entreprise.

Une légende se situe à cette époque. On dit, que pour perturber la construction, le Diable aurait lancé des gros blocs de pierre depuis l'endroit appelé " les druides ", situé au-dessus de la chapelle. Mais dans leur chute, les blocs se seraient ramollis, sans proquer de dégâts. Les promeneurs peuvent encore voir un de ces blocs au début de la dernière montée du chemin de croix venant de Pfaffenheim. C'est la " Pierre du Diable ". On peut y voir encore la trace de ses griffes !                                    

pierre-diable-3-web.jpg                                                          La pierre du Diable

druides-2-web-3.jpg Le site mégalithique appelé par les Pfaffenhémiens "  les Druides "  est situé au-dessus de la chapelle  

Une statue est-elle exposée dans la chapelle ? Rien ne permet de l'affirmer, mais il cependant certain que vers la fin du 16è siècle, une statue de la Vierge Marie s'y trouve.

En effet, l'évêque de Strasbourg se rend régulièrement à la chapelle, alors qu'il séjourne dans son château d'Isenbourg à Rouffach.

REFERENCES HISTORIQUES  

ADBR, fonds de l'évêché. Un échange de lettres existe entre le prévôt de Rouffach et l'évêque de Strasbourg, Jean IV de Manderscheidt, dans lequel il est question de la statue de N.D du Schauenberg. Le Fr. Ignace-Marie, O.F.M, signale que l'historien rouffachois Théobald Walter a attiré, le premier, l'attention sur deux lettres écrites en allemand, durant le mois d'avril 1590 (Alemania 1906, page 40). Lors d'un séjourdans son château d'Isenbourg, l'évêque de Strasbourg, qui a voué un culte particulier à N.D du Schauenberg, découvre avec stupéfaction que la statue a été changée. 

Cf F.J. MONE, Quellensammlung der badischen Landesgeschichte, tome 2, Carlshe, 1854, page 503. "G. Gaisser, abbé de St-Georges dans la Forêt Noire (1595-1655) nous apprend dans son journal qu'il a séjourné au couvent de St-Marc du 14 août au 20 août 1624 et du6 août au 7 octobre 1627.

LA KIRCHENORDNUNG DE 1661

Le pèlerinage est aussi cité dans la " Kirchenordnung de Pfaffenheim de 1661 ". Différentes processions y sont mentionnées. En 1695, le co-adjuteur de l'évêque de Bâle consacre dans la chapelle quatre autels : l'autel principal dédié à la Vierge de l'Assomption, l'autel latéral gauche à St-Joseph, le droit dédié à St-François d'Assise et à St-Antoine, et un autel à St-Uldaric. Ce dernier se situe vraisemblablement dans le choeur de la chapelle primitive. 

Le dimanche des Rameaux a lieu au Schauenberg un office de prière au cours duquel le curé de Pfaffenheim doit faire un sermon. De même à toutes les fêtes de la Vierge, la paroisse se rend en procession à la chapelle duSchauenberg, puis se retrouve dans l'église du village pour l'office de Vêpres.

Le mercredi de la "semaine de la Croix", le Schauenberg, accueille également la paroisse. Chaque maison de Pfaffenheim doit participer à la procession à raison d'une personne d'âge mûr, et faire l'offrande sous peine d'amende d'une livre de cire.

Enfin le 28 décembre, à la fête des Saints Innocents, la paroisse monte solennellement au Schauenberg pour accomplir un voeu formulé au temps où la, peste sévissait au village. Il faut préciser que la montée en procession, par l'ancien chemin, nécessite en moyenne une heure de temps et que certaines personnes commencent en marchant pieds nus.

D'autres paroisses de la contrée connaissent aussi le Schauenberg. En 1655, la paroisse de Turckheim vient en procession pour prier la Vierge.

La chapelle doit probablement être trop petite pour accueillir tous les pèlerins. C'est pourquoi, en 1685, on commence la construction d'une nouvelle. L'agrandissement de l'ancienne chapelle de 1515, dirigée Ouest-Est, doit certainement poser le problème de la place nécessaire, à flanc de montagne. Ceci explique le changement d'orientation de la nouvelle construction qui est dirigée Sud-Nord.

inscription-1607-1.jpgLe choeur de l'ancienne chapelle deviendra alors l'actuelle chapelle latérale qui abrite le retable de Saur. (une description en sera faite plus tard).                                                        

Ci-contre : inscription sur l'un des piliers du choeur de la deuxième chapelle.

L'histoire du sanctuaire se poursuit par l'arrivée des pères Franciscains du couvent voisin de Rouffach vers la fin du 17è siècle.  

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Date de dernière mise à jour : 2017-02-28 21:58:20