Le temps des Pères Franciscains

Appel aux Franciscains de Rouffach

Rapidement la chapelle du 16è siècle devient top petite pour accueillir tous les pèlerins, et vers le milieu du 17è siècle, on commence la construction d'une chapelle plus grande, orientée dans le sens NORD-SUD.

Les travaux cependant ne se déroulent pas comme les responsables de Pfaffenheim le souhaitent.

En 1684 meurt Jacques Meyer, curé de Pfaffenheim. Dans son testament, il lègue des terres et des vignes au Schauenberg, afin de continuer de restaurer et d'agrandir la chapelle.

Comme déjà cité précédemment, les travaux de constructions commencés quelques années plus tôt ne donnent pas satisfaction à Mathis Ehret, prévôt, ni à Jean Jacques Pipion, nouveau curé de Pfaffenheim, précédemment primissaire à Rouffach.

Ces trois personnes s'adressent alors aux Franciscains du couvent de Rouffach.

Il est certain que la prise en charge du sanctuaire par les religieux a permis au pèlerinage de se développer et les nombreux signes de leur présence, qui nous restent aujourd'hui, sont les témoins indiscutables du bon travail qu'ils ont accompli au Schauenberg.

Après des négociations entre les autorités franciscaines et les responsables du village de Pfaffenheim, les Recollets continuent les travaux commencés  en 1685.

REFERENCES HISTORIQUES

Cf Archives paroissiales de l'abbé Litzler 1848                                                                Cf Th. WALTER, " Minoritenkloster in Rufach ", in Alemania III, Band 1906

Cf L. VAUTREY, Histoire des évêques de Bâle, Einsiedeln 1886, tome 2, pp 270-276

Le 11 juillet 1695, Gaspard Schnorf, évêque suffragant de Bâle, consacre la nouvelle chapelle où quatre autels sont dédiés, le premier à la B.V Marie, le second, du" côté de l'épitre " à St François d'Assise et à St Antoine, le quatrième à St Ulric.

 

Que font les Pères Franciscains au Schauenberg  ?

Beaucoup de choses ! Tout d'abord ils construisent un petit couvent à côté de la chapelle, permettant de loger les religieux et les laïcs. Ils aménagent des terrasses en contrebas des bâtiments et donnent à l'ensemble du site son aspect actuel.

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Le couvent a 8 cellules individuelles, une grande salle au sous-sol et des locaux de service à l'étage. Ils construisent de même le logement et les dépendances utilisées pour le service

Ci-contre: le poêle "Kachelofen" qui assure le chauffage des 6 cellules situées contre la montagne et la passerelle reliant le couvent et la sacristie de la chapelle, permet aux religieux âgés ou malades de rejoindre la chapelle.

.Devant la chapelle, ils aménagent la pente en terrasses. Celles-ci seront assez rapidement recouvertes par la végétation. Vers 1950, des bénévoles de Pfaffenheim, aidés par des scouts colmariens, feront ressortir ces terrasses. De nos jours, elles sont entretenues par les religieuses qui assurent l'accueil au Schauenberg.

Ce sont donc 6 pères, 1 frère et 1 servitial qui prennent possession des locaux.

Leur installation a été officialisée par la signature d'un contrat le 4 mars 1704, entre le conseiller aulique du Prince-évêque de Strasbourg et bailli de l'Obermundat, le curé de Pfaffenheim, le Provincial des Franciscains et le gardien du couvent de Rouffach.

 

ci-dessous : quelques articles du contrat

art. 3  : Les Pères sont tenus de servir et d'assister les pèlerins en disant la messe et en les entendant à confesse, tant aux fêtes et aux dimanches qu'aux jours "ouvriers" et principalement aux fêtes de la Vierge.

art. 4  : Les Pères se chargent de donner la table aussi honnêtement que leurs facultés le leur permettront aux eclésiastiques qui y viendront confesser et dire la messe aux fêtes de la Vierge. Ils toucheront pour cela une somme de trente livres. 

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Ci-contre :

Les Pères construisent aussi une passerelle reliant le couvent à la chapelle. Elle permet aux Franciscains malades ou infirmes d'accéder à la sacristie, puis à la chapelle, pour assister aux offices. (la photo date d'avant 1960).

 

Dans le domaine purement religieux, l'action des Recollets est incontestablement positive.

 

Ils encouragent la pratique religieuse et plus particulièrement développent la dévotion à la Ste Vierge.

 

Leur effort auprès des habitants de la contrée apparaît surtout dans deux domaines, qui sont actuellement encore les préoccupations de tout responsable de pèlerinage.

Il s'agit, d'une part de susciter et encourager la notion de pèlerinage comme démarche de foi, en faisant monter les populations au Schauenberg, soit individuellement, soit en procession avec leur paroisses, et d'autre part de réussir leur accueil en leur proposant un titre et des cérémonies adaptées à ce pèlerinage marial.

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                                                       Plan des terrasses construites par les Franciscains

Le recensement actuel des croix et oratoires ou chapelles datées de l'époque permet de retracer facilement les chemins de procession utilisés par les différentes paroisses. Un certain nombre de croix existent encore, les plus anciennes de style baroque datent de 1668.

Par leur dynamisme et leur zèle, les Pères Franciscains ont une grande influence sur les populations locales. A l'exemple d'autres communautés, ils éditent un guide spirituel, à l'intention particulière des pèlerins du Schauenberg

LE GEISTLICHER WEGWEISER

NOTES HISTORIQUES

Ce " guide spirituel ", recueil de prières et de dévotions, destiné aux pèlerins de N.D du Schauenberg connaît 14 éditions. La neuvième, datée de 1763, est éditée à Strasbourg chez Christmann et Levrault, imprimerie de l'intendance royale.

A partir de 1780, avec la 10è édition, il paraît à Colmar, chez Decker. La douzième édition porte la mention de l'année 1788, mais les éditions suivantes portent également l'indication " zwölfte Auflage ". En réalité, le tableau des fêtes mobiles contenu dans le Geistlicher Wegweiser est actualisé à chaque tirage et de ce fait, on peut situer la 13è édition en 1805.

 Le Fr. Ignace Marie, écrit en 1932, qu'une 15è édition, datée de 1818 est signalé par Ingold in Alsatia Sacra, tome II, Colmar, p 301, et par J. LEVY, in Die Wallfahrten der Mutter Gottes im Elsass, Colmar 1929, p 213.

Tout d'abord le Geistlicher Wegweiser évoque l'origine du sanctuaire et en donne une courte description. Il le qualifie de " der Wunder und Gnadenvollen Wallfahrt Mariahilf ". 

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        Ci-contre : la première page du " Geistlicher Wegweiser "

Les Récollets rapportent ensuite l'organisation de l'année liturgique : le calendriers des saints, les jours d'obligation et de jeûne, ..., ils proposent aux fidèles un ensemble de prières, de lectures pieuses et d'actes de piété dans la chapelle de la Vierge.

Il est intéressant d'examiner les différentes formes de dévotion proposées et toutes destinées à guider les pèlerins dans leur démarche spirituelle.

Le Geistlicher Wegweiser donne la liste des jours de fête et des jours de jeûne dans les deux diocèses de Strasbourg et de Bâle.

Dans ses dernières pages, il propose une série de petites prières ou de pensées pieuses, pour chaque instant de la journée : au moment du réveil, quand on se lève, quand on s'habille, quand on se lave les mains, quand on commence son travail, quand on sort de la maison,....

La lecture de ce guide permet de se rendre compte de la forme de piété et des marques de dévotion que les Franciscains pratiquent au Schauenberg.

De nombreuses références aux textes bibliques permettent aussi au lecteur d'approfondir sa méditation.

 

 

La préparation à la confession

Un chapitre entier est offert également au pèlerin pour l'aider, en trois étapes, à se préparer à la confession. La démache spirituelle conseillée par les Récollets conduit tout d'abord la personne à s'imprégner de la piété et de la ferveur nécessaires afin de  "reu und auch demuthig zu beichten ". Le premier stade consiste en une demande de mise en condition. Elle apparaît au lecteur actuel comme un chef d'oeuvre d'expression de la piétié.

Extraits : .... je suis le malheureux qui descendit de Jérusalem à Jéricho, je suis tombé entre les mains des voleurs... mon âme est une épouse blessée... verse, Samaritain compatissant, la consolation salvatrice dans mon coeur malade... o époux céleste, verse sur mon âme, l'huile de la miséricorde... et ne regarde pas, les blessures  puantes de mes péchés, faites par le poison, la tromperie et l'illusion des assassins infernaux des âmes (höllische Seelenmorder).

Vient ensuite l'examen de conscience, encore appelée " Beichtspiegel ".

Les Franciscains proposent un fil conducteur assez simple. Tout d'abord, et de façon assez logue, il fait un examen critique de ses pensées : de vanité et de suffisance, d'avarice, d'impureté, de colère et de vengeance, d'impatience, de manque de courage et de suspicion.

Enfin la troisième phase est une longue déclaration d'intention du pénitent qui ayant exprimé son sentiment de culpabilité d'homme écrasé devant la justice de Dieu, rappelle aussi sa grande miséricorde.

Extraits : ... je me jette aux pieds de ta miséricorde.. dans l'amertume de mon coeur, je crie vers toi .. et quand je paraîtrai devant toi et que je devrai rendre des comptes, tu me jetteras dans le feu éternel comme un arbre qui n'a pas, produit de fruits ...

die " geitsliche Morgenübung "

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les illustrations du Geistlicher Wegweiser

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ci-contre une gravure de Jean Jacques Loffet.

Graveur sur bois, Jean Jacques Loffet, est né à Colmar.

Cf Archives municipales de Colmar, G.G, registres paroissiaux protestants 1728-1746,

Cf Jean Marie SCHMITT, "Les artistes à la Fabrique... ", in Annuaire de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Colmar, 1980-1981, p. 119.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liste des gardiens et supérieurs du couvent du Schauenberg au18è siècle

1704-1706  François Imhoff   1706-1708   Polychronius Blest                                     1708-1711   Processus Kranich       1711-1712   Aquilin Sartorius

1712-1714  Félicien Waibl               1714-1715   Columban Bitt                                 1715-1718   Aloysius Wagner          1718-1721   Fortunatus Dempf

1721-1723  Caspar Eckhart              1723-1724   Pius Behr                                        1724-1726  Placidus Kranich           1726-1729  Theodor Seidler

1729-1730  Placidus Kranich           1730-1732   Arnold Klein                                    1732-1735   Elias Furler                   1735-1738   Johannes Klein

1738-1741  Pacificus Nansé             1741-1746   Bonosus Schmidt                           1746-1747  Laetentius Anselm         1747-1748   Ursinius Drehling

1748-1750  Rembert Romer             1750-1754   Amb. Beck                                       1754-1761  Evagrius Rumkist           1761-1766   Ferdinand Scheck

1766-1769  Georges Gschickt          1769-1772   Joseph With                                    1772-1775  Augustin Steinfelden     1775-1778   Sabinus Holder

1778-1781  Georges Gschickt          1781-1784   Sabinus Holder                               1784-1787  Georges Gschickt          1787-1791   Stanislas Treff

1791-1792  Athanase Louis

En 1715, les deux hospices Schauenberg et Bischenberg sont élevés au rang de gardiennat.

 

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Date de dernière mise à jour : 2017-02-28 22:09:03